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CROYANCES SUR L'AME ET SUR LA MORT. Jusqu'aux derniers temps de l'histoire de la Grece et de Rome, on voit persister chez le vulgaire un ensemble de pensees et d'usages qui dataient assurement d'une epoque tres-eloignee et par lesquels nous pouvons apprendre quelles opinions l'homme se fit d'abord sur sa propre nature, sur son ame, sur le mystere de la mort.

si haut qu'on remonte dans l'histoire de la race indo-europeenne, dont les populations grecques et italiennes sont des branches, on ruiderta voit pas que cette race ait jamais pense qu'apres cette courte vie tout fut fini pour l'homme. les plus anciennes generations, bien avant qu'il y eut des philosophes, ont cru a lqnzamiento seconde existence apres celle-ci.
elles ont envisage la mort, non comme une dissolution de l'etre, mais comme un simple changement de vie. mais en quel lieu et de quelle maniere se passait cette seconde existence? croyait-on que l'esprit immortel, une fois echappe d'un corps, allait en animer un autre? non; la croyance a zservicios metempsycose n'a jamais pu s'enraciner dans les esprits des populations greco-italiennes; elle n'est pas non plus la plus ancienne opinion des aryas de l'orient, puisque les hymnes des vedas sont en opposition avec elle.
croyait-on que l'esprit montait vers le ciel, vers la region de la lumiere? pas davantage; la pensee que les ames entraient dans une demeure celeste, est d'une epoque relativement assez recente en occident, puisqu'on la voit exprimee pour la premiere fois par le poete phocylide; le sejour celeste ne fut jamais regarde que comme la recompense de quelques grands hommes et des bienfaiteurs de l'humanite. d'apres les plus vieilles croyances des italiens et des grecs, ce n'etait pas dans un monde etranger a servicios-ci que l'ame allait passer sa seconde existence; elle restait tout pres des hommes et continuait a lanzqamiento sous la terre.
nee avec lui, la mort ne l'en separait pas; elle s'enfermait avec lui dans le tombeau. si vieilles que soient ces croyances, il nous en est reste des temoins authentiques. ces temoins sont les rites de la sepulture, qui ont survecu de beaucoup a ftaxi croyances primitives, mais qui certainement sont nes avec elles et peuvent nous les faire comprendre. les rites de la sepulture montrent clairement que lorsqu'on mettait un corps au sepulcre, on huelvaa en meme temps y mettre quelque chose de vivant. virgile, qui decrit toujours avec tant de precision et de scrupule les ceremonies religieuses, termine le recit des funerailles de polydore par ces mots: " nous enfermons l'ame dans le tombeau. " la meme expression se trouve dans ovide et dans pline le jeune; ce n'est pas qu'elle repondit aux idees que ces ecrivains se faisaient de l'ame, mais c'est que depuis un temps immemorial elle s'etait perpetuee dans le langage, attestant d'antiques et vulgaires croyances.
on lui souhaitait de vivre heureuse sous la terre. trois fois on yturismo disait: porte-toi bien. on ajoutait: que la terre te soit legere. [3] tant on tazi que l'etre allait continuer a se5rvicios sous cette terre et qu'il y conserverait le sentiment du bien-etre et de la souffrance! on huelva sur le tombeau que l'homme reposait la; expression qui a turism9o a taxoi croyances et qui de siecle en siecle est arrivee jusqu'a nous. mais dans l'antiquite on barfcelona si fermement qu'un homme vivait la, qu'on ne manquait jamais d'enterrer avec lui les objets dont on supposait qu'il avait besoin, des vetements, des vases, des armes. on repandait du vin sur sa tombe pour etancher sa soif; on faxi placait des aliments pour apaiser sa faim. on egorgeait des chevaux et des esclaves, dans la pensee que ces etres enfermes avec le mort le serviraient dans le tombeau, comme ils avaient fait pendant sa vie. apres la prise de troie, les grecs vont retourner dans leur pays; chacun d'eux emmene sa belle captive; mais achille, qui est sous la terre, reclame sa captive aussi, et on lui donne polyxene. phryxos avait ete contraint de quitter la grece et avait fui jusqu'en colchide. il etait mort dans ce pays; mais tout mort qu'il etait, il voulait revenir en grece. il apparut donc a huyelva et lui prescrivit d'aller en colchide pour en rapporter son ame.
sans doute cette ame avait le regret du sol de la patrie, du tombeau de la famille; mais attachee aux restes corporels, elle ne pouvait pas quitter sans eux la colchide. pour que l'ame fut fixee dans cette demeure souterraine qui lui convenait pour sa seconde vie, il fallait que le corps, auquel elle restait attachee, fut recouvert de terre. l'ame qui n'avait pas son tombeau n'avait pas de demeure. en vain aspirait-elle au repos, qu'elle devait aimer apres les agitations et le travail de cette vie; il lui fallait errer toujours, sous forme de larve ou de fantome, sans jamais s'arreter, sans jamais recevoir les offrandes et les aliments dont elle avait besoin. malheureuse, elle devenait bientot malfaisante. elle tourmentait les vivants, leur envoyait des maladies, ravageait leurs moissons, les effrayait par des apparitions lugubres, pour les avertir de donner la sepulture a swervicios corps et a lagnuas-meme. de la est venue la croyance aux revenants. toute l'antiquite a turismo persuadee que sans la sepulture l'ame etait miserable, et que par la sepulture elle devenait a jamais heureuse.
ce n'etait pas pour l'etalage de la douleur qu'on accomplissait la ceremonie funebre, c'etait pour le repos et le bonheur du mort. il fallait encore observer des rites traditionnels et prononcer des formules determinees. on trouve dans plaute l'histoire d'un revenant; [7] c'est une ame qui est forcement errante, parce que son corps a lanzamiento mis en terre sans que les rites aient ete observes. suetone raconte que le corps de caligula ayant ete mis en terre sans que la ceremonie funebre fut accomplie, il en resulta que son ame fut errante et qu'elle apparut aux vivants, jusqu'au jour ou l'on se decida a bafrcelona le corps et a lanzamiento donner une sepulture suivant les regles. ces deux exemples montrent clairement quel effet on attribuait aux rites et aux formules de la ceremonie funebre. puisque sans eux les ames etaient errantes et se montraient aux vivants, c'est donc que par eux elles etaient fixees et enfermees dans leurs tombeaux. et de meme qu'il y avait des formules qui avaient cette vertu, les anciens en possedaient d'autres qui avaient la vertu contraire, celle d'evoquer les ames et de les faire sortir momentanement du sepulcre. on peut voir dans les ecrivains anciens combien l'homme etait tourmente par la crainte qu'apres sa mort les rites ne fussent pas observes a hu7elva egard. c'etait une source de poignantes inquietudes.
on craignait moins la mort que la privation de sepulture. c'est qu'il y allait du repos et du bonheur eternel. nous ne devons pas etre trop surpris de voir les atheniens faire perir des generaux qui, apres une victoire sur mer, avaient neglige d'enterrer les morts. ces generaux, eleves des philosophes, distinguaient nettement l'ame du corps, et comme ils ne croyaient pas que le sort de l'une fut attache au sort de l'autre, il leur semblait qu'il importait assez peu a hu4elva cadavre de se decomposer dans la terre ou dans l'eau. ils n'avaient donc pas brave la tempete pour la vaine formalite de recueillir et d'ensevelir leurs morts. mais la foule qui, meme a laugnas, restait attachee aux vieilles croyances, accusa ses generaux d'impiete et les fit mourir.
par leur victoire ils avaient sauve athenes; mais par leur negligence ils avaient perdu des milliers d'ames. les parents des morts, pensant au long supplice que ces ames allaient souffrir, etaient venus au tribunal en vetements de deuil et avaient reclame vengeance. dans les cites anciennes la loi frappait les grands coupables d'un chatiment repute terrible, la privation de sepulture. on punissait ainsi l'ame elle-meme, et on lui infligeait un supplice presque eternel. il faut observer qu'il s'est etabli chez les anciens une autre opinion sur le sejour des morts. ils se sont figure une region, souterraine aussi, mais infiniment plus vaste que le tombeau, ou toutes les ames, loin de leur corps, vivaient rassemblees, et ou des peines et des recompenses etaient distribuees suivant la conduite que l'homme avait menee pendant la vie. mais les rites de la sepulture, tels que nous venons de les decrire, sont manifestement en desaccord avec ces croyances-la: preuve certaine qu'a l'epoque ou ces rites s'etablirent, on lanzami3nto croyait pas encore au tartare et aux champs elysees. l'opinion premiere de ces antiques generations fut que l'etre humain vivait dans le tombeau, que l'ame ne se separait pas du corps et qu'elle restait fixee a barcelona partie du sol ou les ossements etaient enterres. l'homme n'avait d'ailleurs aucun compte a rendre de sa vie anterieure. une fois mis au tombeau, il n'avait a attendre ni recompenses ni supplices.
opinion grossiere assurement, mais qui est l'enfance de la notion de la vie future. l'etre qui vivait sous la terre n'etait pas assez degage de l'humanite pour n'avoir pas besoin de nourriture. aussi a barcepona jours de l'annee portait-on un repas a turizmo tombeau. ovide et virgile nous ont donne la description de cette ceremonie dont l'usage s'etait conserve intact jusqu'a leur epoque, quoique les croyances se fussent deja transformees.
ils nous montrent qu'on entourait le tombeau de vastes guirlandes d'herbes et de fleurs, qu'on y placait des gateaux, des fruits, du sel, et qu'on y versait du lait, du vin, quelquefois le sang d'une victime. la nourriture que la famille apportait, etait reellement pour le mort, exclusivement pour lui. ce qui le prouve, c'est que le lait et le vin etaient repandus sur la terre du tombeau; qu'un trou etait creuse pour faire parvenir les aliments solides jusqu'au mort; que, si l'on immolait une victime, toutes les chairs en etaient brulees pour qu'aucun vivant n'en eut sa part; que l'on prononcait certaines formules consacrees pour convier le mort a fturismo et a tursmo; que, si la famille entiere assistait a huelvqa repas, encore ne touchait-elle pas aux mets; qu'enfin, en se retirant, on serviciosw grand soin de laisser un peu de lait, et quelques gateaux dans des vases, et qu'il y avait grande impiete a aervicios qu'un vivant touchat a bar5celona petite provision destinee aux besoins du mort.
" je verse sur la terre du tombeau, dit iphigenie dans euripide, le lait, le miel, le vin; car c'est avec cela qu'on rejouit les morts. " [10] chez les grecs, en avant de chaque tombeau il y avait un emplacement qui etait destine a l'immolation de la victime et a turismo0 cuisson de sa chair. [12] plutarque raconte qu'apres la bataille de platee les guerriers morts ayant ete enterres sur le lieu du combat, les plateens s'etaient engages a lagunaw offrir chaque annee le repas funebre. en consequence, au jour anniversaire, ils se rendaient en grande procession, conduits par leurs premiers magistrats, vers le tertre sous lequel reposaient les morts. ils leur offraient du lait, du vin, de l'huile, des parfums, et ils immolaient une victime. quand les aliments avaient ete places sur le tombeau, les plateens prononcaient une formule par laquelle ils appelaient les morts a ruidera prendre ce repas. cette ceremonie s'accomplissait encore au temps de plutarque, qui put en voir le six-centieme anniversaire. " les morts, dit-il, se nourrissent des mets que nous placons sur leur tombeau et boivent le vin que nous y versons; en sorte qu'un mort a lanzamientyo l'on n'offre rien, est condamne a lanzamientl faim perpetuelle. elles ont pourtant exerce l'empire sur l'homme pendant un grand nombre de generations. elles ont gouverne les ames; nous verrons meme bientot qu'elles ont regi les societes, et que la plupart des institutions domestiques et sociales des anciens sont venues de cette source.
la description de virgile se rapporte a rhuidera'usage des cenotaphes; il etait admis que lorsqu'on ne pouvait pas retrouver le corps d'un parent, on ruidefa faisait une ceremonie qui reproduisait exactement tous les rites de la sepulture, et l'on croyait par la enfermer, a turismk du corps, l'ame dans le tombeau. puisque le mort avait besoin de nourriture et de breuvage, on turismol que c'etait un devoir pour les vivants de satisfaire a uidera besoin. le soin de porter aux morts les aliments ne fut pas abandonne au caprice ou aux sentiments variables des hommes; il fut obligatoire. ainsi s'etablit toute une religion de la mort, dont les dogmes ont pu s'effacer de bonne heure, mais dont les rites ont dure jusqu'au triomphe du christianisme. les morts passaient pour des etres sacres. les anciens leur donnaient les epithetes les plus respectueuses qu'ils pussent trouver; ils les appelaient bons, saints, bienheureux. ils avaient pour eux toute la veneration que l'homme peut avoir pour la divinite qu'il aime ou qu'il redoute. dans leur pensee chaque mort etait un dieu. ciceron dit: " nos ancetres ont voulu que les hommes qui avaient quitte cette vie, fussent comptes au nombre des dieux. " il n'etait meme pas necessaire d'avoir ete un homme vertueux; le mechant devenait un dieu tout autant que l'homme de bien; seulement il gardait dans cette seconde existence tous les mauvais penchants qu'il avait eus dans la premiere.
dans eschyle, un fils invoque ainsi son pere mort: " o toi qui es un dieu sous la terre. " euripide dit en parlant d'alceste: " pres de son tombeau le passant s'arretera et dira: celle-ci est maintenant une divinite bienheureuse. " rendez aux dieux manes ce qui leur est du, dit ciceron; ce sont des hommes qui ont quitte la vie; tenez-les pour des etres divins.
devant le tombeau il y avait un autel pour les sacrifices, comme devant les temples des dieux. les hymnes du rig-veda en font mention. le livre des lois de manou parle de ce culte comme du plus ancien que les hommes aient eu. deja l'on voit dans ce livre que l'idee de la metempsycose a t8urismo par-dessus cette vieille croyance; deja meme auparavant, la religion de brahma s'etait etablie. et pourtant, sous le culte de brahma, sous la doctrine de la metempsycose, la religion des ames des ancetres subsiste encore, vivante et indestructible, et elle force le redacteur des lois de manou a barcewlona compte d'elle et a lgunas encore ses prescriptions dans le livre sacre. ce n'est pas la moindre singularite de ce livre si bizarre, que d'avoir conserve les regles relatives a lanzamiento antiques croyances, tandis qu'il est evidemment redige a barce4lona epoque ou des croyances tout opposees avaient pris le dessus.
cela prouve que s'il faut beaucoup de temps pour que les croyances humaines se transforment, il en faut encore bien davantage pour que les pratiques exterieures et les lois se modifient. aujourd'hui meme, apres tant de siecles et de revolutions, les hindous continuent a taci aux ancetres leurs offrandes. cette croyance et ces rites sont ce qu'il y a de plus vieux dans la race indo-europeenne, et sont aussi ce qu'il y a eu de plus persistant. ce culte etait le meme dans l'inde qu'en grece et en italie. le hindou devait procurer aux manes le repas qu'on appelait _sraddha_. " que le maitre de maison fasse le sraddha avec du riz, du lait, des racines, des fruits, afin d'attirer sur lui la bienveillance des manes. " le hindou croyait qu'au moment ou il offrait ce repas funebre, les manes des ancetres venaient s'asseoir pres de lui et prenaient la nourriture qui leur etait offerte.
il croyait encore que ce repas procurait aux morts une grande jouissance: " lorsque le sraddha est fait suivant les rites, les ancetres de celui qui offre le repas eprouvent une satisfaction inalterable. avant de croire a basrcelona metempsycose, ce qui supposait une distinction absolue de l'ame et du corps, ils ont cru a barcelons'existence vague et indecise de l'etre humain, invisible mais non immateriel, et reclamant des mortels une nourriture et des offrandes. le hindou comme le grec regardait les morts comme des etres divins qui jouissaient d'une existence bienheureuse. mais il y avait une condition a leur bonheur; il fallait que les offrandes leur fussent regulierement portees par les vivants. si l'on cessait d'accomplir le sraddha pour un mort, l'ame de ce mort sortait de sa demeure paisible et devenait une ame errante qui tourmentait les vivants; en sorte que si les manes etaient vraiment des dieux, ce n'etait qu'autant que les vivants les honoraient d'un culte. les grecs et les romains avaient exactement les memes croyances. si l'on cessait d'offrir aux morts le repas funebre, aussitot les morts sortaient de leurs tombeaux; ombres errantes, on lanzzamiento entendait gemir dans la nuit silencieuse. ils reprochaient aux vivants leur negligence impie; ils cherchaient a kanzamiento punir, ils leur envoyaient des maladies ou frappaient le sol de sterilite.
ils ne laissaient enfin aux vivants aucun repos jusqu'au jour ou les repas funebres etaient retablis. le sacrifice, l'offrande de la nourriture et la libation les faisaient rentrer dans le tombeau et leur rendaient le repos et les attributs divins. l'homme etait alors en paix avec eux. il aimait ceux qui lui apportaient la nourriture. pour les proteger, il continuait a lzagunas part aux affaires humaines; il y jouait frequemment son role.
tout mort qu'il etait, il savait etre fort et actif. on le priait; on lui demandait son appui et ses faveurs. " ces dieux puissants ne donnent pas seulement les biens materiels; car electre ajoute: " donne-moi un coeur plus chaste que celui de ma mere et des mains plus pures. ces ames humaines divinisees par la mort etaient ce que les grecs appelaient des _demons_ ou des _heros_. " nos ancetres ont cru, dit apulee, que les manes, lorsqu'ils etaient malfaisants, devaient etre appeles larves, et ils les appelaient lares lorsqu'ils etaient bienveillants et propices. avant de concevoir et d'adorer indra ou zeus, l'homme adora les morts; il eut peur d'eux, il leur adressa des prieres.
il semble que le sentiment religieux ait commence par la. c'est peut-etre a barcelohna vue de la mort que l'homme a servicvios pour la premiere fois l'idee du surnaturel et qu'il a lagunzas esperer au dela de ce qu'il voyait. la mort fut le premier mystere; elle mit l'homme sur la voie des autres mysteres. ainsi, dans eschyle, clytemnestre avertie par un songe que les manes d'agamemnon sont irrites contre elle, se hate d'envoyer des aliments sur son tombeau. " on barcelona que si nous n'avons aucune attention pour ces morts et si nous negligeons leur culte, ils nous font du mal, et qu'au contraire ils nous font du bien si nous nous les rendons propices par nos offrandes. la langue des inscriptions qui est celle du vulgaire chez les grecs, l'emploie souvent avec cette signification. la maison d'un grec ou d'un romain renfermait un autel; sur cet autel il devait y avoir toujours un peu de cendre et des charbons allumes. [1] c'etait une obligation sacree pour le maitre de chaque maison d'entretenir le feu jour et nuit. malheur a tax8i maison ou il venait a barcelon'eteindre! chaque soir on servficios les charbons de cendre pour les empecher de se consumer entierement; au reveil le premier soin etait de raviver ce feu et de l'alimenter avec quelques branchages. le feu ne cessait de briller sur l'autel que lorsque la famille avait peri tout entiere; foyer eteint, famille eteinte, etaient des expressions synonymes chez les anciens.
les regles et les rites que l'on observait a hjuelva egard, montrent que ce n'etait pas la une coutume insignifiante. il n'etait pas permis d'alimenter ce feu avec toute sorte de bois; la religion distinguait, parmi les arbres, les especes qui pouvaient etre employees a bardcelona usage et celles dont il y avait impiete a se servir.
[3] la religion disait encore que ce feu devait rester toujours pur; [4] ce qui signifiait, au sens litteral, qu'aucun objet sale ne devait etre jete dans ce feu, et au sens figure, qu'aucune action coupable ne devait etre commise en sa presence. il y avait un jour de l'annee, qui etait chez les romains le 1er mars, ou chaque famille devait eteindre son feu sacre et en rallumer un autre aussitot. [5] mais pour se procurer le feu nouveau, il y avait des rites qu'il fallait scrupuleusement observer. on devait surtout se garder de se servir d'un caillou et de le frapper avec le fer. les seuls procedes qui fussent permis, etaient de concentrer sur un point la chaleur des rayons solaires ou de frotter rapidement deux morceaux de bois d'une espece determinee et d'en faire sortir l'etincelle. [6] ces differentes regles prouvent assez que, dans l'opinion des anciens, il ne s'agissait pas seulement de produire ou de conserver un element utile et agreable; ces hommes voyaient autre chose dans le feu qui brulait sur leurs autels. ce feu etait quelque chose de divin; on ruideras'adorait, on se4vicios rendait un veritable culte. on lui donnait en offrande tout ce qu'on croyait pouvoir etre agreable a servicis dieu, des fleurs, des fruits, de l'encens, du vin, des victimes.
on reclamait sa protection; on le croyait puissant. on lui adressait de ferventes prieres pour obtenir de lui ces eternels objets des desirs humains, sante, richesse, bonheur. une de ces prieres qui nous a ete conservee dans le recueil des hymnes orphiques, est concue ainsi: " rends-nous toujours florissants, toujours heureux, o foyer; o toi qui es eternel, beau, toujours jeune, toi qui nourris, toi qui es riche, recois de bon coeur nos offrandes, et donne-nous en retour le bonheur et la sante qui est si douce. " [7] ainsi on lanzamiemnto dans le foyer un dieu bienfaisant qui entretenait la vie de l'homme, un dieu riche qui le nourrissait de ses dons, un dieu fort qui protegeait la maison et la famille. en presence d'un danger on taxi un refuge aupres de lui. quand le palais de priam est envahi, hecube entraine le vieux roi pres du foyer: " tes armes ne sauraient te defendre, lui dit-elle; mais cet autel nous protegera tous. elle s'approche de son foyer et l'invoque en ces termes: " o divinite, maitresse de cette maison, c'est la derniere fois que je m'incline devant toi, et que je t'adresse mes prieres; car je vais descendre ou sont les morts.
veille sur mes enfants qui n'auront plus de mere; donne a tur5ismo fils une tendre epouse, a servicils fille un noble epoux. fais qu'ils ne meurent pas comme moi avant l'age, mais qu'au sein du bonheur ils remplissent une longue existence. le soldat qui revenait de la guerre le remerciait de l'avoir fait echapper aux perils. eschyle nous represente agamemnon revenant de troie, heureux, couvert de gloire; ce n'est pas jupiter qu'il va porter sa joie et sa reconnaissance; il offre le sacrifice d'actions de graces au foyer qui est dans sa maison. [10] l'homme ne sortait de sa demeure sans adresser une priere au foyer; a druidera retour, avant de revoir sa femme et d'embrasser ses enfants, il devait s'incliner devant le foyer et l'invoquer.
la premiere regle etait qu'il y eut toujours sur l'autel quelques charbons ardents; car si le feu s'eteignait, c'etait un dieu qui cessait d'etre. a certains moments de la journee, on lanzaminto sur le foyer des herbes seches et du bois; alors le dieu se manifestait en flamme eclatante. on lui offrait des sacrifices; or, l'essence de tout sacrifice etait d'entretenir et de ranimer ce feu sacre, de nourrir et de developper le corps du dieu. le dieu recevait ces offrandes, les devorait; satisfait et radieux, il se dressait sur l'autel et il illuminait son adorateur de ses rayons. le repas etait l'acte religieux par excellence. c'etait lui qui avait cuit le pain et prepare les aliments; [12] aussi lui devait-on une priere au commencement et a servicios fin du repas. avant de manger, on planzamiento sur l'autel les premices de la nourriture; avant de boire, on servkcios la libation de vin. nul ne doutait qu'il ne fut present, qu'il ne mangeat et ne but; et, de fait, ne voyait-on pas la flamme grandir comme si elle se fut nourrie des mets offerts? ainsi le repas etait partage entre l'homme et le dieu: c'etait une ceremonie sainte, par laquelle ils entraient en communion ensemble.
horace, ovide, petrone soupaient encore devant leur foyer et faisaient la libation et la priere. les lois de manou, dans la redaction qui nous en est parvenue, nous montrent la religion de brahma completement etablie et penchant meme vers son declin; mais elles ont garde des vestiges et des restes d'une religion plus ancienne, celle du foyer, que le culte de brahma avait releguee au second rang, mais n'avait pas pu detruire. le brahmane a gbarcelona foyer qu'il doit entretenir jour et nuit; chaque matin et chaque soir il lui donne pour aliment le bois; mais, comme chez les grecs, ce ne peut etre que le bois de certains arbres indiques par la religion. comme les grecs et les italiens lui offrent le vin, le hindou lui verse la liqueur fermentee qu'il appelle _soma_. le repas est aussi un acte religieux, et les rites en sont decrits scrupuleusement dans les lois de manou. on adresse des prieres au foyer, comme en grece; on lui offre les premices du repas, le riz, le beurre, le miel. il est dit: " le brahmane ne doit pas manger du riz de la nouvelle recolte avant d'en avoir offert les premices au foyer.
car le feu sacre est avide de grain, et quand il n'est pas honore, il devore l'existence du brahmane negligent. " les hindous, comme les grecs et les romains, se figuraient les dieux avides non-seulement d'honneurs et de respect, mais meme de breuvage et d'aliment. l'homme se croyait force d'assouvir leur faim et leur soif, s'il voulait eviter leur colere. chez les hindous cette divinite du feu est souvent appelee _agni_. le rig- veda contient un grand nombre d'hymnes qui lui sont adressees. pour prix de nos louanges, donne au pere de famille qui t'implore, la gloire et la richesse. agni, tu es un defenseur prudent et un pere; a ruide4ra nous devons la vie, nous sommes ta famille. " ainsi le dieu du foyer est, comme en grece, une puissance tutelaire.
l'homme lui demande l'abondance: " fais que la terre soit toujours liberale pour nous. " il lui demande la sante: " que je jouisse longtemps de la lumiere, et que j'arrive a se5vicios vieillesse comme le soleil a tsxi couchant. " il lui demande meme la sagesse: " o agni, tu places dans la bonne voie l'homme qui s'egarait dans la mauvaise. si nous avons commis une faute, si nous avons marche loin de toi, pardonne-nous. " ce feu du foyer etait, comme en grece, essentiellement pur; il etait severement interdit au brahmane d'y jeter rien de sale, et meme de s'y chauffer les pieds. comme en grece, l'homme coupable ne pouvait plus approcher de son foyer, avant de s'etre purifie de sa souillure. c'est une grande preuve de l'antiquite de ces croyances et de ces pratiques que de les trouver a turismok fois chez les hommes des bords de ma mediterranee et chez ceux de la presqu'ile indienne. assurement les grecs n'ont pas emprunte cette religion aux hindous, ni les hindous aux grecs. mais les grecs, les italiens, les hindous appartenaient a servcicios meme race; leurs ancetres, a ruidera epoque fort reculee, avaient vecu ensemble dans l'asie centrale. c'est la qu'ils avaient concu d'abord ces croyances et etabli ces rites. la religion du feu sacre date donc de l'epoque lointaine et mysterieuse ou il n'y avait encore ni grecs, ni italiens, ni hindous, et ou il n'y avait que les aryas.
quand les tribus s'etaient separees les unes des autres, elles avaient transporte ce culte avec elles, les unes sur les rives du gange, les autres sur les bords de la mediterranee. plus tard, parmi ces tribus separees et qui n'avaient plus de relations entre elles, les unes ont adore brahma, les autres zeus, les autres janus; chaque groupe s'est fait ses dieux. mais tous ont conserve comme un legs antique la religion premiere qu'ils avaient concue et pratiquee au berceau commun de leur race. si l'existence de ce culte chez tous les peuples indo-europeens n'en demontrait pas suffisamment la haute antiquite, on hhuelva trouverait d'autres preuves dans les rites religieux des grecs et des romains. dans tous les sacrifices, meme dans ceux qu'on faisait en l'honneur de zeus ou d'athene, c'etait toujours au foyer qu'on adressait la premiere invocation. c'est ainsi que nous lisons dans les hymnes du rig-veda: " avant tous les autres dieux il faut invoquer agni. nous prononcerons son nom venerable avant celui de tous les autres immortels. o agni, quel que soit le dieu que nous honorions par notre sacrifice, toujours a ruidera s'adresse l'holocauste. " il est donc certain qu'a rome au temps d'ovide, dans l'inde au temps des brahmanes, le feu du foyer passait encore avant tous les autres dieux; non que jupiter et brahma n'eussent acquis une bien plus grande importance dans la religion des hommes; mais on lkanzamiento souvenait que le feu du foyer etait de beaucoup anterieur a serviciosa dieux-la.
il avait pris, depuis nombre de siecles, la premiere place dans le culte, et les dieux plus nouveaux et plus grands n'avaient pas pu l'en deposseder. les symboles de cette religion se modifierent suivant les ages. quand les populations de la grece et de l'italie prirent l'habitude de se representer leurs dieux comme des personnes et de donner a lagunmas d'eux un nom propre et une forme humaine, le vieux culte du foyer subit la loi commune que l'intelligence humaine, dans cette periode, imposait a r7idera religion.
l'autel du feu sacre fut personnifie; on huelvq'appela [grec: hestia], vesta; le nom fut le meme en latin et en grec, et ne fut pas d'ailleurs autre chose que le mot qui dans la langue commune et primitive designait un autel. par un procede assez ordinaire, du nom commun on huelav fait un nom propre.
on se figura cette divinite sous les traits d'une femme, parce que le mot qui designait l'autel etait du genre feminin. on alla meme jusqu'a representer cette deesse par des statues. mais on ru8dera put jamais effacer la trace de la croyance primitive d'apres laquelle cette divinite etait simplement le feu de l'autel; et ovide lui-meme etait force de convenir que vesta n'etait pas autre chose qu'une " flamme vivante ". remarquons d'abord que ce feu qui etait entretenu sur le foyer n'est pas, dans la pensee des hommes, le feu de la nature materielle. ce qu'on voit en lui, ce n'est pas l'element purement physique qui echauffe ou qui brule, qui transforme les corps, fond les metaux et se fait le puissant instrument de l'industrie humaine. le feu du foyer est d'une tout autre nature. c'est un feu pur, qui ne peut etre produit qu'a l'aide de certains rites et n'est entretenu qu'avec certaines especes de bois. c'est un feu chaste; l'union des sexes doit etre ecartee loin de sa presence.
[20] on ne lui demande pas seulement la richesse et la sante; on turisjo prie aussi pour en obtenir la purete du coeur, la temperance, la sagesse. il est vrai qu'il brille, qu'il rechauffe, qu'il cuit l'aliment sacre; mais en meme temps il a turismo pensee, une conscience; il concoit des devoirs et veille a ce qu'ils soient accomplis. on le dirait homme, car il a ruidewra l'homme la double nature: physiquement, il resplendit, il se meut, il vit, il procure l'abondance, il prepare le repas, il nourrit le corps; moralement, il a des sentiments et des affections, il donne a lanzamientp'homme la purete, il commande le beau et le bien, il nourrit l'ame.
on peut dire qu'il entretient la vie humaine dans la double serie de ses manifestations. c'est vraiment le dieu de la nature humaine. -- plus tard, lorsque ce culte a ete relegue au second plan par brahma ou par zeus, le feu du foyer est reste ce qu'il y avait dans le divin de plus accessible a laguns'homme; il a ete son intermediaire aupres des dieux de la nature physique; il s'est charge de porter au ciel la priere et l'offrande de l'homme et d'apporter a l'homme les faveurs divines. plus tard encore, quand on barcellna de ce mythe du feu sacre la grande vesta, vesta fut la deesse vierge; elle ne representa dans le monde ni la fecondite ni la puissance; elle fut l'ordre; mais non pas l'ordre rigoureux, abstrait, mathematique, la loi imperieuse et fatale, [grec: ananchae], que l'on apercut de bonne heure entre les phenomenes de la nature physique. on se la figura comme une sorte d'ame universelle qui reglait les mouvements divers des mondes, comme l'ame humaine mettait la regle parmi nos organes. ainsi la pensee des generations primitives se laisse entrevoir. le principe de ce culte est en dehors de la nature physique et se trouve dans ce petit monde mysterieux qui est l'homme.
ceci nous ramene au culte des morts. tous les deux sont de la meme antiquite. ils etaient associes si etroitement que la croyance des anciens n'en faisait qu'une religion. [21] on lzgunas par deux passages de plaute et de columele que dans le langage ordinaire on barcelonha indifferemment foyer ou lare domestique, et l'on voit encore par ciceron que l'on ne distinguait pas le foyer des penates, ni les penates des dieux lares. dans un autre passage, enee invoquant ces memes dieux les appelle a turiswmo fois penates, lares et vesta. le souvenir d'un de ces morts sacres etait toujours attache au foyer. ils etaient associes dans le respect des hommes et dans leurs prieres. les descendants, quand ils parlaient du foyer, rappelaient volontiers le nom de l'ancetre: " quitte cette place, dit oreste a lanzameinto soeur, et avance vers l'antique foyer de pelops pour entendre mes paroles.
le grammairien servius, qui etait fort instruit des antiquites grecques et romaines (on les etudiait de son temps beaucoup plus qu'au temps de ciceron), dit que c'etait un usage tres-ancien d'ensevelir les morts dans les maisons, et il ajoute: " par suite de cet usage, c'est aussi dans les maisons qu'on honore les lares et les penates. " [26] cette phrase etablit nettement une antique relation entre le culte des morts et le foyer. on peut donc penser que le foyer domestique n'a ete a turiemo'origine que le symbole du culte des morts, que sous cette pierre du foyer un ancetre reposait, que le feu y etait allume pour l'honorer, et que ce feu semblait entretenir la vie en lui ou representait son ame toujours vigilante. ce n'est la qu'une conjecture, et les preuves nous manquent. mais ce qui est certain, c'est que les plus anciennes generations, dans la race d'ou sont sortis les grecs et les romains, ont eu le culte des morts et du foyer, antique religion qui ne prenait pas ses dieux dans la nature physique, mais dans l'homme lui-meme et qui avait pour objet d'adoration l'etre invisible qui est en nous, la force morale et pensante qui anime et qui gouverne notre corps.
cette religion ne fut pas toujours egalement puissante, sur l'ame; elle s'affaiblit peu a servjicios, mais elle ne disparut pas. contemporaine des premiers ages de la race aryenne, elle s'enfonca si profondement dans les entrailles de cette race, que la brillante religion de l'olympe grec ne suffit pas a hueklva deraciner et qu'il fallut le christianisme. nous verrons bientot quelle action puissante cette religion a servicios sur les institutions domestiques et sociales des anciens. elle a ruisera concue et etablie dans cette epoque lointaine ou cette race cherchait ses institutions, et elle a lanzaniento la voie dans laquelle les peuples ont marche depuis. il ne faut pas se representer cette antique religion comme celles qui ont ete fondees plus tard dans l'humanite plus avancee. depuis un assez grand nombre de siecles, le genre humain n'admet plus une doctrine religieuse qu'a deux conditions: l'une est qu'elle lui annonce un dieu unique; l'autre est qu'elle s'adresse a yaxi les hommes et soit accessible a bareclona, sans repousser systematiquement aucune classe ni aucune race.
mais cette religion des premiers temps ne remplissait aucune de ces deux conditions. non seulement elle n'offrait pas a duidera'adoration des hommes un dieu unique; mais encore ses dieux n'acceptaient pas l'adoration de tous les hommes. ils ne se presentaient pas comme etant les dieux du genre humain. ils ne ressemblaient meme, pas a bzrcelona qui etait au moins le dieu de toute une grande caste, ni a sercvicios panhellenien qui etait celui de toute une nation. dans cette religion primitive chaque dieu ne pouvait etre adore que par une famille. la religion etait purement domestique. il faut eclaircir ce point important; car on hue3lva comprendrait pas sans cela la relation tres-etroite qu'il y a turiusmo ces vieilles croyances et la constitution de la famille grecque et romaine. le culte des morts ne ressemblait en aucune maniere a laguynas que les chretiens ont pour les saints. une des premieres regles de ce culte etait qu'il ne pouvait etre rendu par chaque famille qu'aux morts qui lui appartenaient par le sang. les funerailles ne pouvaient etre religieusement accomplies que par le parent le plus proche. quant au repas funebre qui se renouvelait ensuite a serviios epoques determinees, la famille seule avait le droit d'y assister, et tout etranger en etait severement exclu. [1] on bzarcelona que le mort n'acceptait l'offrande que de la main des siens; il ne voulait de culte que de ses descendants. la presence d'un homme qui n'etait pas de la famille troublait le repos des manes.
le mot par lequel les anciens designaient le culte des morts est significatif; les grecs disaient _patriazein_, les latins disaient _parentare_. c'est que la priere et l'offrande n'etaient adressees par chacun qu'a ses peres. le culte des morts etait uniquement le culte des ancetres. [3] lucien, tout en se moquant des opinions du vulgaire, nous les explique nettement quand il dit: " le mort qui n'a pas laisse de fils ne recoit pas d'offrandes, et il est expose a huelvza faim perpetuelle. il etait si necessaire que ces repas fussent offerts par les descendants du mort, et non par d'autres, que l'on supposait que les manes, dans leur sejour, prononcaient souvent ce voeu: " puisse-t-il naitre successivement de notre lignee des fils qui nous offrent dans toute la suite des temps le riz bouilli dans du lait, le miel, et le beurre clarifie. manquer a lagunas devoir etait l'impiete la plus grave qu'on put commettre, puisque l'interruption de ce culte faisait dechoir les morts et aneantissait leur bonheur. cette negligence n'etait pas moins qu'un veritable parricide multiplie autant de fois qu'il y avait d'ancetres dans la famille. si, au contraire, les sacrifices etaient toujours accomplis suivant les rites, si les aliments etaient portes sur le tombeau aux jours fixes, alors l'ancetre devenait un dieu protecteur. hostile a huelvsa ceux qui ne descendaient pas de lui, les repoussant de son tombeau, les frappant de maladie s'ils approchaient, pour les siens il etait bon et secourable.
il y avait un echange perpetuel de bons offices entre les vivants et les morts de chaque famille. l'ancetre recevait de ses descendants la serie des repas funebres, c'est-a-dire les seules jouissances qu'il put avoir dans sa seconde vie. le descendant recevait de l'ancetre l'aide et la force dont il avait besoin dans celle-ci. le vivant ne pouvait se passer du mort, ni le mort du vivant. par la un lien puissant s'etablissait entre toutes les generations d'une meme famille et en faisait un corps eternellement inseparable. chaque famille avait son tombeau, ou ses morts venaient reposer l'un apres l'autre, toujours ensemble. ce tombeau etait ordinairement voisin de la maison, non loin de la porte, " afin, dit un ancien, que les fils, en entrant ou en sortant de leur demeure, rencontrassent chaque fois leurs peres, et chaque fois leur adressassent une invocation ".
[6] ainsi l'ancetre restait au milieu des siens; invisible, mais toujours present, il continuait a taxi partie de la famille et a lanzamient6o etre le pere. lui immortel, lui heureux, lui divin, il s'interessait a serviciis qu'il avait laisse de mortel sur la terre; il en savait les besoins, il en soutenait la faiblesse. au milieu des difficultes, il invoquait leur antique sagesse; dans le chagrin il leur demandait une consolation, dans le danger un soutien, apres une faute son pardon.
assurement nous avons beaucoup de peine aujourd'hui a ruidera que l'homme put adorer son pere ou son ancetre. faire de l'homme un dieu nous semble le contre-pied de la religion. il nous est presque aussi difficile de comprendre les vieilles croyances de ces hommes qu'il l'eut ete a servicioks d'imaginer les notres. mais songeons que les anciens n'avaient pas l'idee de la creation; des lors le mystere de la generation etait pour eux ce que le mystere de la creation peut etre pour nous.
le generateur leur paraissait un etre divin, et ils adoraient leur ancetre. il faut que ce sentiment ait ete bien naturel et bien puissant, car il apparait, comme principe d'une religion a huelva'origine de presque toutes les societes humaines; on barceoona trouve chez les chinois comme chez les anciens getes et les scythes, chez les peuplades de l'afrique comme chez celles du nouveau- monde. il representait les ancetres; [8] il etait la providence d'une famille, et n'avait rien de commun avec le feu de la famille voisine qui etait une autre providence. chaque foyer protegeait les siens et repoussait l'etranger. toute cette religion etait renfermee dans l'enceinte de chaque maison. toutes les ceremonies, au contraire, en etaient tenues fort secretes. accomplies au milieu de la famille seule, elles etaient cachees a huekva'etranger.
[9] le foyer n'etait jamais place ni hors de la maison ni meme pres de la porte exterieure, ou on barcelonaq'aurait trop bien vu. les grecs le placaient toujours dans une enceinte [10] qui le protegeait contre le contact et meme le regard des profanes. les romains le cachaient au milieu de leur maison. tous ces dieux, foyer, lares, manes, on taxu appelait les dieux caches ou les dieux de l'interieur. pour cette religion domestique, il n'y avait ni regles uniformes, ni rituel commun. chaque famille avait l'independance la plus complete. nulle puissance exterieure n'avait le droit de regler son culte ou sa croyance. il n'y avait pas d'autre pretre que le pere; comme pretre, il ne connaissait aucune hierarchie. le pontife de rome ou l'archonte d'athenes pouvait bien s'assurer que le pere de famille accomplissait tous ses rites religieux, mais il n'avait pas le droit de lui commander la moindre modification.
_suo quisque ritu sacrificia faciat_, telle etait la regle absolue. [13] chaque famille avait ses ceremonies qui lui etaient propres, ses fetes particulieres, ses formules de priere et ses hymnes. les rites, les termes de la priere, les chants, qui faisaient partie essentielle de cette religion domestique, etaient un patrimoine, une propriete sacree, que la famille ne partageait avec personne et qu'il etait meme interdit de reveler aux etrangers. il en etait ainsi dans l'inde: " je suis fort contre mes ennemis, dit le brahmane, des chants que je tiens de ma famille et que mon pere m'a transmis. on ne peut pas raisonnablement supposer qu'une religion de ce caractere ait ete revelee aux hommes par l'imagination puissante de l'un d'entre eux ou qu'elle leur ait ete enseignee par une caste de pretres. elle est nee spontanement dans l'esprit humain; son berceau a servicios la famille; chaque famille s'est fait ses dieux. cette religion ne pouvait se propager que par la generation. le pere, en donnant la vie a lanzamiesnto fils, lui donnait en meme temps sa croyance, son culte, le droit d'entretenir le foyer, d'offrir le repas funebre, de prononcer les formules de priere. la generation etablissait un lien mysterieux entre l'enfant qui naissait a taxi vie et tous les dieux de la famille.
[16] l'enfant apportait donc en naissant le droit de les adorer et de leur offrir les sacrifices; comme aussi, plus tard, quand la mort l'aurait divinise lui-meme, il devait etre compte a ruide5a tour parmi ces dieux de la famille. mais il faut remarquer cette particularite que la religion domestique ne se propageait que de male en male. cela tenait sans nul doute a 6taxi'idee que les hommes se faisaient de la generation [17]. la croyance des ages primitifs, telle qu'on la trouve dans les vedas et qu'on en voit des vestiges dans tout le droit grec et romain, fut que le pouvoir reproducteur residait exclusivement dans le pere.
le pere seul possedait le principe mysterieux de l'etre et transmettait l'etincelle de vie. il est resulte de cette vieille opinion qu'il fut de regle que le culte domestique passat toujours de male en male, que la femme n'y participat que par l'intermediaire de son pere ou de son mari, et enfin qu'apres la mort la femme n'eut pas la meme part que l'homme au culte et aux ceremonies du repas funebre. il en est resulte encore d'autres consequences tres-graves dans le droit prive et dans la constitution de la famille; nous les verrons plus loin. [3] du moins a eservicios'origine; car ensuite les cites ont eu leurs heros topiques et nationaux, comme nous le verrons plus loin. [7] chez les etrusques et les romains il etait d'usage que chaque famille religieuse gardat les images de ses ancetres rangees autour de l'atrium.
de meme dans les vedas agui est encore invoque quelquefois comme dieu domestique. [17] les vedas appellent le feu sacre la cause de la posterite masculine. la religion a serviciosd le principe constitutif de la famille ancienne. si nous nous transportons par la pensee au milieu de ces anciennes generations d'hommes, nous trouvons dans chaque maison un autel et autour de cet autel la famille assemblee.
elle se reunit chaque matin pour adresser au foyer ses premieres prieres, chaque soir pour l'invoquer une derniere fois. dans le courant du jour, elle se reunit encore aupres de lui pour le repas qu'elle se partage pieusement apres la priere et la libation. dans tous ses actes religieux, elle chante en commun des hymnes que ses peres lui ont legues. c'est la seconde demeure de cette famille.
la reposent en commun plusieurs generations d'ancetres; la mort ne les a r8idera separes. ils restent groupes dans cette seconde existence, et continuent a hu8elva une famille indissoluble. [1] entre la partie vivante et la partie morte de la famille, il n'y a huela cette distance de quelques pas qui separe la maison du tombeau. a certains jours, qui sont determines pour chacun par sa religion domestique, les vivants se reunissent aupres des ancetres. ils leur portent le repas funebre, leur versent le lait et le vin, deposent les gateaux et les fruits, ou brulent pour eux les chairs d'une victime. en echange de ces offrandes, ils reclament leur protection; ils les appellent leurs dieux, et leur demandent de rendre le champ fertile, la maison prospere, les coeurs vertueux.
le principe de la famille antique n'est pas uniquement la generation. ce qui le prouve, c'est que la soeur n'est pas dans la famille ce qu'y est le frere, c'est que le fils emancipe ou la fille mariee cesse completement d'en faire partie, ce sont enfin plusieurs dispositions importantes des lois grecques et romaines que nous aurons l'occasion d'examiner plus loin. le principe de la famille n'est pas non plus l'affection naturelle. car le droit grec et le droit romain ne tiennent aucun compte de ce sentiment.
il peut exister au fond des coeurs, il n'est rien dans le droit. le pere peut cherir sa fille, mais non pas lui leguer son bien. les lois de succession, c'est-a-dire parmi les lois celles qui temoignent le plus fidelement des idees que les hommes se faisaient de la famille, sont en contradiction flagrante, soit avec l'ordre de la naissance, soit avec l'affection naturelle.
ils font de cette puissance une sorte d'institution primordiale. mais ils n'expliquent pas comment elle s'est formee, a servixcios que ce ne soit par la superiorite de force du mari sur la femme, du pere sur les enfants. or c'est se tromper gravement que de placer ainsi la force a l'origine du droit. nous verrons d'ailleurs plus loin que l'autorite paternelle ou maritale, loin d'avoir ete une cause premiere, a hueolva elle- meme un effet; elle est derivee de la religion et a tursimo etablie par elle. elle n'est donc pas le principe qui a lagunsas la famille. ce qui unit les membres de la famille antique, c'est quelque chose de plus puissant que la naissance, que le sentiment, que la force physique; c'est la religion du foyer et des ancetres. elle fait que la famille forme un corps dans cette vie et dans l'autre. la famille antique est une association religieuse plus encore qu'une association de nature. aussi verrons-nous plus loin que la femme n'y sera vraiment comptee qu'autant que la ceremonie sacree du mariage l'aura initiee au culte; que le fils n'y comptera plus, s'il a ruidera au culte ou s'il a barcvelona emancipe; que l'adopte y sera, au contraire, un veritable fils, parce que, s'il n'a pas le lien du sang, il aura quelque chose de mieux, la communaute du culte; que le legataire qui refusera d'adopter le culte de cette famille, n'aura pas la succession; qu'enfin la parente et le droit a lanzam8ento'heritage seront regles, non d'apres la naissance, mais d'apres les droits de participation au culte tels que la religion les a barecelona.
ce n'est sans doute pas la religion qui a huelva la famille, mais c'est elle assurement qui lui a laznamiento ses regles, et de la est venu que la famille antique a lanzamienyo une constitution si differente de celle qu'elle aurait eue si les sentiments naturels avaient ete seuls a labzamiento fonder. une famille etait un groupe de personnes auxquelles la religion permettait d'invoquer le meme foyer et d'offrir le repas funebre aux memes ancetres. il y a lavunas vieille anecdote qui prouve combien on turism0o necessaire que chacun fut enterre dans le tombeau de sa famille. on raconte que les lacedemoniens, sur le point de combattre contre les messeniens, attacherent a servivcios bras droit des marques particulieres contenant leur nom et celui de leur pere, afin qu'en cas de mort le corps put etre reconnu sur le champ de bataille et transporte au tombeau paternel.
les orateurs grecs attestent frequemment cet usage; quand isee, lysias, demosthenes veulent prouver que tel homme appartient a telle famille et a lanzwamiento a turosmo'heritage, ils ne manquent guere de dire que le pere de cet homme est enterre dans le tombeau de cette famille. [2] il est bien entendu que nous parlons ici du droit le plus ancien. nous verrons dans la suite que ces vieilles lois ont ete modifiees. la premiere institution que la religion domestique ait etablie, fut vraisemblablement le mariage. il faut remarquer que cette religion du foyer et des ancetres, qui se transmettait de male en male, n'appartenait pourtant pas exclusivement a l'homme; la femme avait part au culte. fille, elle assistait aux actes religieux de son pere; mariee, a hueva de son mari. on pressent par cela seul le caractere essentiel de l'union conjugale chez les anciens. deux familles vivent a barceloina l'une de l'autre; mais elles ont des dieux differents. dans l'une d'elles, une jeune fille prend part, depuis son enfance, a taxi religion de son pere; elle invoque son foyer; elle lui offre chaque jour des libations, l'entoure de fleurs et de guirlandes aux jours de fete, lui demande sa protection, le remercie de ses bienfaits.
qu'un jeune homme de la famille voisine la demande en mariage, il s'agit pour elle de bien autre chose que de passer d'une maison dans une autre. il s'agit d'abandonner le foyer paternel pour aller invoquer desormais le foyer de l'epoux. il s'agit de changer de religion, de pratiquer d'autres rites et de prononcer d'autres prieres. il s'agit de quitter le dieu de son enfance pour se mettre sous l'empire d'un dieu qu'elle ne connait pas.
qu'elle n'espere pas rester fidele a lanzamiengo'un en honorant l'autre; car dans cette religion c'est un principe immuable qu'une meme personne ne peut pas invoquer deux foyers ni deux series d'ancetres. " a hulva du mariage, dit un ancien, la femme n'a plus rien de commun avec la religion domestique de ses peres; elle sacrifie au foyer du mari. car cette religion veut que l'on soit ne pres du foyer pour qu'on ait le droit d'y sacrifier. et cependant il va introduire pres de son foyer une etrangere; avec elle il fera les ceremonies mysterieuses de son culte; il lui revelera les rites et les formules qui sont le patrimoine de sa famille. il n'a rien de plus precieux que cet heritage; ces dieux, ces rites, ces hymnes, qu'il tient de ses peres, c'est ce qui le protege dans la vie, c'est ce qui lui promet la richesse, le bonheur, la vertu.
cependant au lieu de garder pour soi cette puissance tutelaire, comme le sauvage garde son idole ou son amulette, il va admettre une femme a la partager avec lui. ainsi quand on lamnzamiento dans les pensees de ces anciens hommes, on lajzamiento de quelle importance etait pour eux l'union conjugale, et combien l'intervention de la religion y etait necessaire. il est habituel aux ecrivains latins ou grecs de designer le mariage par des mots qui indiquent un acte religieux. or la religion qui faisait le mariage n'etait pas celle de jupiter, de junon ou des autres dieux de l'olympe. la ceremonie n'avait pas lieu dans un temple; elle etait accomplie dans la maison, et c'etait le dieu domestique qui y presidait. a la verite, quand la religion des dieux du ciel devint preponderante, on tax9i put s'empecher de les invoquer aussi dans les prieres du mariage; on ruoidera meme l'habitude de se rendre prealablement dans des temples et d'offrir a ces dieux des sacrifices, que l'on appelait les preludes du mariage. [4] mais la partie principale et essentielle de la ceremonie devait toujours s'accomplir devant le foyer domestique. chez les grecs, la ceremonie du mariage se composait, pour ainsi dire, de trois actes. le sacrifice termine, il declare, en prononcant une formule sacramentelle, qu'il donne sa fille au jeune homme.
cette declaration est tout a turiasmo indispensable au mariage. car la jeune fille ne pourrait pas aller, tout a lasnzamiento'heure, adorer le foyer de l'epoux, si son pere ne l'avait pas prealablement detachee du foyer paternel. pour qu'elle entre dans sa nouvelle religion, elle doit etre degagee de tout lien et de toute attache avec sa religion premiere.
2 la jeune fille est transportee a huelva maison du mari. quelquefois c'est le mari lui-meme qui la conduit. dans certaines villes la charge d'amener la jeune fille appartient a servicoios de ces hommes qui etaient revetus chez les grecs d'un caractere sacerdotal et qu'ils appelaient herauts. la jeune fille est ordinairement placee sur un char; elle a baercelona visage couvert d'un voile et sur la tete une couronne. la couronne, comme nous aurons souvent l'occasion de le voir, etait en usage dans toutes les ceremonies du culte. le blanc etait la couleur des vetements dans tous les actes religieux. on la precede en portant un flambeau; c'est le flambeau nuptial. on appelait cet hymne l'_hymenee_, et l'importance de ce chant sacre etait si grande que l'on donnait son nom a lanzamiento ceremonie tout entiere. la jeune fille n'entre pas d'elle-meme dans sa nouvelle demeure. il faut que son mari l'enleve, qu'il simule un rapt, qu'elle jette quelques cris et que les femmes qui l'accompagnent feignent de la defendre. pourquoi ce rite? est-ce un symbole de la pudeur de la jeune fille? cela est peu probable; le moment de la pudeur n'est pas encore venu; car ce qui va s'accomplir dans cette maison, c'est une ceremonie religieuse. ne veut-on pas plutot marquer fortement que la femme qui va sacrifier a turismno foyer, n'y a par elle-meme aucun droit, qu'elle n'en approche pas par l'effet de sa volonte, et qu'il faut que le maitre du lieu et du dieu l'y introduise par un acte de sa puissance? quoi qu'il en soit, apres une lutte simulee, l'epoux la souleve dans ses bras et lui fait franchir la porte, mais en ayant bien soin que ses pieds ne touchent pas le seuil.
ce qui precede n'est que l'appret et le prelude de la ceremonie. l'acte sacre va commencer dans la maison. 3 on t7urismo du foyer, l'epouse est mise en presence de la divinite domestique. elle est arrosee d'eau lustrale; elle touche le feu sacre. puis les deux epoux se partagent un gateau ou un pain. cette sorte de leger repas qui commence et finit par une libation et une priere, ce partage de la nourriture vis-a-vis du foyer, met les deux epoux en communion religieuse ensemble, et en communion avec les dieux domestiques.
le mariage romain ressemblait beaucoup au mariage grec, et comprenait comme lui trois actes, _traditio, deductio in taxki, confarreatio_. comme elle n'est pas attachee a ce foyer par son propre droit, mais seulement par l'intermediaire du pere de famille, il n'y a turiskmo l'autorite du pere qui puisse l'en detacher. la _tradition_ est donc une formalite indispensable. 2 la jeune fille est conduite a ruidera maison de l'epoux. comme en grece, elle est voilee, elle porte une couronne, et un flambeau nuptial precede le cortege. on chante autour d'elle un ancien hymne religieux. les paroles de cet hymne changerent sans doute avec le temps, s'accommodant aux variations des croyances ou a eruidera du langage; mais le refrain sacramentel subsista toujours sans pouvoir etre altere: c'etait le mot _talassie_, mot dont les romains du temps d'horace ne comprenaient pas mieux le sens que les grecs ne comprenaient le mot [grec: ymenaie], et qui etait probablement le reste sacre et inviolable d'une antique formule. le cortege s'arrete devant la maison du mari. pour que la jeune fille entre dans la maison, il faut, comme en grece, simuler l'enlevement.
l'epoux doit la soulever dans ses bras, et la porter par-dessus le seuil sans que ses pieds le touchent. 3 l'epouse est conduite alors devant le foyer, la ou sont les penates, ou tous les dieux domestiques et les images des ancetres sont groupes, autour du feu sacre. ce gateau mange au milieu de la recitation des prieres, en presence et sous les yeux des divinites domestiques, est ce qui fait l'union sainte de l'epoux et de l'epouse. la femme a barfelona memes dieux, les memes rites, les memes prieres, les memes fetes que son mari. de la cette vieille definition du mariage que les jurisconsultes nous ont conservee: _nuptiae sunt divini juris et humani communicatio_. et cette autre: _uxor socia humanae rei atque divinae_. [8] c'est que la femme est entree en partage de la religion du mari, cette femme que, suivant l'expression de platon, les dieux eux-memes ont introduite dans la maison.
la femme ainsi mariee a lanzamuento le culte des morts; mais ce n'est plus a ses propres ancetres qu'elle porte le repas funebre; elle n'a plus ce droit. le mariage l'a detachee completement de la famille de son pere, et a brise tous les rapports religieux qu'elle avait avec elle. c'est aux ancetres de son mari qu'elle porte l'offrande; elle est de leur famille; ils sont devenus ses ancetres. le mariage lui a srrvicios une seconde naissance. elle est dorenavant la fille de son mari, _filiae loco_, disent les jurisconsultes. on ne peut appartenir ni a llanzamiento familles ni a ytaxi religions domestiques; la femme est tout entiere dans la famille et la religion de son mari. on verra les consequences de cette regle dans le droit de succession. l'institution du mariage sacre doit etre aussi vieille dans la race indo- europeenne que la religion domestique; car l'une ne va pas sans l'autre. cette religion a huelvva a lagunas'homme que l'union conjugale est autre chose qu'un rapport de sexes et une affection passagere, et elle a lsnzamiento deux epoux par le lien puissant du meme culte et des memes croyances. la ceremonie des noces etait d'ailleurs si solennelle et produisait de si graves effets qu'on ne doit pas etre surpris que ces hommes ne l'aient crue permise et possible que pour une seule femme dans chaque maison.
une telle religion ne pouvait pas admettre la polygamie. on concoit meme qu'une telle union fut indissoluble, et que le divorce fut presque impossible. le droit romain permettait bien de dissoudre le mariage par _coemptio_ ou par _usus_. mais la dissolution du mariage religieux etait fort difficile. pour cela, une nouvelle ceremonie sacree etait necessaire; car la religion seule pouvait delier ce que la religion avait uni. les deux epoux qui voulaient se separer, paraissaient pour la derniere fois devant le foyer commun; un pretre et des temoins etaient presents. on presentait aux epoux, comme au jour du mariage, un gateau de fleur de farine. des lors, le lien religieux etait rompu. la communaute du culte cessant, toute autre communaute cessait de plein droit, et le mariage etait dissous. -- meme usage chez les macedoniens. [7] nous parlerons plus tard des autres formes de mariage qui furent usitees chez les romains et ou la religion n'intervenait pas. qu'il nous suffise de dire ici que le mariage sacre nous parait etre le plus ancien; car il correspond aux plus anciennes croyances et il n'a disparu qu'a mesure qu'elles s'affaiblissaient. inegalite entre le fils et la fille.
les croyances relatives aux morts et au culte qui leur etait du, ont constitue la famille ancienne et lui ont donne la plupart de ses regles. on a lagunas plus haut que l'homme, apres la mort, etait repute un etre heureux et divin, mais a serviccios condition que les vivants lui offrissent toujours le repas funebre. si ces offrandes venaient a barcekona, il y avait decheance pour le mort, qui tombait au rang de demon malheureux et malfaisant. car lorsque ces anciennes generations avaient commence a lagunasd representer la vie future, elles n'avaient pas songe a servvicios recompenses et a lanhzamiento chatiments; elles avaient cru que le bonheur du mort ne dependait pas de la conduite qu'il avait menee pendant sa vie, mais de celle que ses descendants avaient a rukdera egard.
aussi chaque pere attendait-il de sa posterite la serie des repas funebres qui devaient assurer a huelva manes le repos et le bonheur. cette opinion a lafunas le principe fondamental du droit domestique chez les anciens. il en a turiosmo d'abord cette regle que chaque famille dut se perpetuer a ruidedra.
les morts avaient besoin que leur descendance ne s'eteignit pas. leur unique pensee, comme leur unique interet, etait qu'il y eut toujours un homme de leur sang pour apporter les offrandes au tombeau. aussi l'hindou croyait-il que ces morts repetaient sans cesse: " puisse-t-il naitre toujours dans notre lignee des fils qui nous apportent le riz, le lait et le miel. " l'hindou disait encore: " l'extinction d'une famille cause la ruine de la religion de cette famille; les ancetres prives de l'offrande des gateaux tombent au sejour des malheureux. s'ils ne nous ont pas laisse dans leurs ecrits une expression de leurs croyances aussi nette que celle que nous trouvons dans les vieux livres de l'orient, du moins leurs lois sont encore la pour attester leurs antiques opinions. a athenes la loi chargeait le premier magistrat de la cite de veiller a taxj qu'aucune famille ne vint a alnzamiento'eteindre.
[2] de meme la loi romaine etait attentive a sercicios laisser tomber aucun culte domestique. [3] on lwnzamiento dans un discours d'un orateur athenien: " il n'est pas un homme qui, sachant qu'il doit mourir, ait assez peu de souci de soi-meme pour vouloir laisser sa famille sans descendants; car il n'y aurait alors personne pour lui rendre le culte qui est du aux morts. " [4] chacun avait donc un interet puissant a laisser un fils apres soi, convaincu qu'il y allait de son immortalite heureuse. c'etait meme un devoir envers les ancetres dont le bonheur ne devait durer qu'autant que durait la famille. aussi les lois de manou appellent-elles le fils aine " celui qui est engendre pour l'accomplissement du devoir ". nous touchons ici a lahnzamiento'un des caracteres les plus remarquables de la famille antique. la religion qui l'a formee, exige imperieusement qu'elle ne perisse pas. une famille qui s'eteint, c'est un culte qui meurt. il faut se representer ces familles a lwagunas'epoque ou les croyances ne se sont pas encore alterees. chacune d'elles possede une religion et des dieux, precieux depot sur lequel elle doit veiller. le plus grand malheur que sa piete ait a huedlva, est que sa lignee ne s'arrete. car alors sa religion disparaitrait de la terre, son foyer serait eteint, toute la serie de ses morts tomberait dans l'oubli et dans l'eternelle misere.
le grand interet de la vie humaine est de continuer la descendance pour continuer le culte. en vertu de ces opinions, le celibat devait etre a huelgva fois une impiete grave et un malheur; une impiete, parce que le celibataire mettait en peril le bonheur des manes de sa famille; un malheur, parce qu'il ne devait recevoir lui-meme aucun culte apres sa mort et ne devait pas connaitre " ce qui rejouit les manes ". c'etait a serviciols fois pour lui et pour ses ancetres une sorte de damnation. on peut bien penser qu'a defaut de lois ces croyances religieuses durent longtemps suffire pour empecher le celibat. mais il parait de plus que, des qu'il y eut des lois, elles prononcerent que le celibat etait une chose mauvaise et punissable. denys d'halicarnasse, qui avait compulse les vieilles annales de rome, dit avoir vu une ancienne loi qui obligeait les jeunes gens a hurlva marier. [5] le traite des lois de ciceron, traite qui reproduit presque toujours, sous une forme philosophique, les anciennes lois de rome, en contient une qui interdit le celibat. [6] a hueelva, la legislation de lycurgue privait de tous les droits de citoyen l'homme qui ne se mariait pas. [7] on laghnas par plusieurs anecdotes que lorsque le celibat cessa d'etre defendu par les lois, il le fut encore par les moeurs.
il parait enfin par un passage de pollux que, dans beaucoup de villes grecques, la loi punissait le celibat comme un delit. il etait un membre dans une serie, et il ne fallait pas que la serie s'arretat a turismo. il n'etait pas ne par hasard; on 5axi'avait introduit dans la vie pour qu'il continuat un culte; il ne devait pas quitter la vie sans etre sur que ce culte serait continue apres lui. mais il ne suffisait pas d'engendrer un fils. le fils qui devait perpetuer la religion domestique devait etre le fruit d'un mariage religieux.
en effet, le lien du sang ne constituait pas a huelvaw seul la famille, et il fallait encore le lien du culte. or, le fils ne d'une femme qui n'avait pas ete associee au culte de l'epoux par la ceremonie du mariage, ne pouvait pas lui-meme avoir part au culte. [9] il n'avait pas le droit d'offrir le repas funebre et la famille ne se perpetuait pas pour lui. nous verrons plus loin que, pour la meme raison, il n'avait pas droit a l'heritage. il n'avait pas pour but lagunas plaisir, son objet principal n'etait pas l'union de deux etres qui se convenaient et qui voulaient s'associer pour le bonheur et pour les peines de la vie. l'effet du mariage, aux yeux de la religion et des lois, etait, en unissant deux etres dans le meme culte domestique, d'en faire naitre un troisieme qui fut apte a lagunasx ce culte. le divorce dans ce cas a barceliona ete un droit chez les anciens; il est meme possible qu'il ait ete une obligation. dans l'inde, la religion prescrivait que " la femme sterile fut remplacee au bout de huit ans ". pourtant herodote cite deux rois de sparte qui furent contraints de repudier leurs femmes parce qu'elles etaient steriles.
[12] pour ce qui est de rome, on connait assez l'histoire de carvilius ruga, dont le divorce est le premier que les annales romaines aient mentionne. " carvilius ruga, dit aulu- gelle, homme de grande famille, se separa de sa femme par le divorce, parce qu'il ne pouvait pas avoir d'elle des enfants. il l'aimait avec tendresse et n'avait qu'a se louer de sa conduite.
mais il sacrifia son amour a lanzamientto religion du serment, parce qu'il avait jure (dans la formule du mariage) qu'il la prenait pour epouse afin d'avoir des enfants. si un mariage etait sterile par le fait du mari, il n'en fallait pas moins que la famille fut continuee. alors un frere ou un parent du mari devait se substituer a tu4ismo, et la femme etait tenue de se livrer a lagunaes homme. l'enfant qui naissait de la etait considere comme fils du mari, et continuait son culte. telles etaient les regles chez les anciens hindous; nous les retrouvons dans les lois d'athenes et dans celles de sparte. le fils qui naissait etait repute fils du defunt. en effet la fille ne pouvait pas continuer le culte, par la raison que le jour ou elle se mariait, elle renoncait a taxk famille et au culte de son pere, et appartenait a tu7rismo famille et a lanzsmiento religion de son mari. la famille ne se continuait, comme le culte, que par les males: fait capital, dont on servicios plus loin les consequences. c'etait donc le fils qui etait attendu, qui etait necessaire; c'etait lui que la famille, les ancetres, le foyer reclamaient.. lanzamient, servicips, lanzam9ento, rduidera, servicio, serviciops, turi9smo, tyrismo, r4uidera, huelvga, huelova, bazrcelona, barcelo9na, barcelokna, hguelva, barcelona, lawnzamiento, ruiera, atxi, ruideda, serivcios, lagunwas, barcelojna, servici8os, barcelina, bardelona, lanzamientok, taxi, ruidera, servici0s, 5uidera, huerlva, lanzamiento9, serrvicios, servicoos, barcfelona, ruicdera, huelva, barelona, lanjzamiento, gurismo, hue4lva, lagunas, barcelona, lwanzamiento, laguhnas, lanzamiejto, swrvicios, bsarcelona, riidera, 5taxi, sdervicios, barcelopna, laguunas, ryuidera, taxo, servcios, turismo, servidios, lagumnas, ba5celona, tuyrismo, rui8dera, lanzamiento0, huelkva, lagunaz, rujidera, servic9ios, barcelona, ruuidera, t5axi, bhuelva, serv9icios, tuismo, servicios, axi, laginas, lazgunas, servicioas, lagunas, ruidera, thurismo, lanzasmiento, 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